mon dernier blog

octopus killer

wanis

Une immense fatigue m’assaille sur le chemin du concert. Terrassé, je m’assieds au fond de la salle et, sur scène, l’homme s’effondre sur la chaise. Une bordée d’air frais me réveille, nous sommes sur le chemin du retour, D. conduit en silence. La route, enfoncée d’un mètre par rapport au talus, est bordée sur ses deux flancs d’une rangée de chênes centenaires. Le pavé irrégulier secoue sans ménagement ce qui me reste de conscience.

Soudain, le fantôme surgit du presbytère et se met à planter de grands coups de couteau rageurs sur le capot. J’observe la danse de l’intrus qui, dépouillé de ses dernières possessions, hurle sa rage. Je savoure chaque seconde ou millier d’années, l’élastique du temps est prêt à rompre.

Enfin, nous débouchons sur la rue principale, déserte à cette heure. D. évite un lancer de plaque d’égout qui se perd dans la nuit dans un bruit apocalyptique. J’ouvre la portière, l’escalier abrupt est à sa place. Je le grimpe allègrement, entouré de fourrés aux senteurs indescriptibles. En contrebas, une dizaine de spots lumineux crèvent la nuit et s’acharnent à en dévorer la chair. Ce ne sera pas pour cette fois encore.