mon dernier blog

morituri te salutant

wanis

La place, écrasée de chaleur, était déserte. Les villageois s’étaient réfugiés derrière leurs murs blancs pour échapper à l’atroce chaleur qui sévissait depuis plus d’un mois. La vie oscillait entre réserves d’eau fraîche à l’aube et palabres à la nuit tombée, jusqu’au jour de la visite.

A l’ombre minimale, au coeur de la fournaise, le bruit de pas enfla pour devenir assourdissant. Et chacun de regarder avec curiosité, inquiétude ou terreur le centre de la place. Face à la fontaine, l’inconnu(e) s’était arrêté(e) et restait immobile.
L’eau rugissante accapara toutes les pensées, le spectre du tarissement, irrationnel, surgit dans nombre d’esprits et certains envisagèrent même une action musclée. Mais l’obscurité grignota la lumière, et avec elle la silhouette qui disparut sans que quiconque le remarque ! L’escamotage parfait …

A la nuit tombée, autour du point d’eau, force points de vues furent exposés, raillés ou approuvés. A l’aube le fond de la fontaine fut exploré, mais pour y trouver quoi ? Le temps passa mais le malaise persista. Que s’était-t-il donc passé ? Qui ou quoi était venu ? Pourquoi ?
La singularité avait échappé à tous, il ou elle n’avait pas bu.