mon dernier blog

le goûter

wanis

A l’approche de l’heure, il se recroquevillait sur sa chaise. Son visage blêmissait, semblant s’éclairer par l’intérieur. A l’heure dite, l’échine courbée, il s’éloignait dans une parodie de fuite.

Les autres s’approchaient alors, réclamant pitance. Il résistait mollement, parfois pleurait, et finissait par s’exécuter. Les autres, ravis de l’aubaine renouvelée, partageaient alors le fruit de leur rapine, m’en proposaient parfois.

Un jour, il disparut. J’appris à quelque temps de là, par un des autres, son tragique destin. L’oraison funèbre, semblable à sa vie, fut brève et pitoyable.

J’aurais voulu goûter son goûter.