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le biscuit

wanis

Le biscuit, cuit deux fois, à l’instar du picon, con pi fois, trônait sur le présentoir. Tous ses frères avaient péri, qui noyé dans un yoghourt, qui broyé entre deux dentiers, qui jeté au chien.
Objet de l’attention de tous les convives, ses formes douces suggestives émoustillaient l’esprit. Pourtant, chacun refusa d’être le fossoyeur de l’espèce et quitta la table. Il s’ensuivit un subtil ballet d’entrées et sorties dans le seul but d’obtenir un entretien individuel avec la friandise. Le résultat fût un pat général. Enfin l’obscurité se fit et le biscuit, mortifié par l’anéantissement de ceux de sa race, mit à exécution sa vengeance.

Dès l’aube, un grincement de dents témoigna de la disparition du biscuit. Des insultes furent proférées, des accusations portées, des coups assenés. Le sang coula et bientôt nul être vivant ne se sentit en sécurité dans le château. Devenu objet de haine, le biscuit justifia d’innommables atrocités, les derniers survivants s’entre-tuèrent.