mon dernier blog

et mon tout est un dieu

wanis

Adossé aux moellons de l’aqueduc, j’entendais résonner le bruit des sabots sur le pavé disjoint. Le caniveau, encore luisant après une pluie torrentielle, avait ravalé ses immondices.
Le centaure s’avança enfin, majestueux. Son pelage raviné d’ocres sales empestait le mauvais alcool. L’oeil fixe et vitreux me jaugea, évaluant mes défenses. Brutalement, avec une rapidité insoupçonnée, la montagne de muscles chargea. Le filet d’acier stoppa net cet élan formidable et resserra inexorablement ses mailles, entaillant la peau et la chair. Le centaure éructa des filets de bave rosâtre, ses yeux me transpercèrent de leur haine implacable.
Ce soir je séparerais l’humain de l’animal, le subtil de l’épais. Sur les arches, la psalmodie avait commencé.