le reflux de la nuit
Un éclat de soleil s’est posé en la cité,
de curiosité à rejoint l’obscurité,
de la noirceur a emprunté les rêves,
pour, en fin de mystère, corrompre les ténèbres.
Un éclat de soleil s’est posé en la cité,
de curiosité à rejoint l’obscurité,
de la noirceur a emprunté les rêves,
pour, en fin de mystère, corrompre les ténèbres.
Bruit insupportable, fumée irritante, invités envahissants, la fête arriva soudain au point de nausée. Le coeur au bout des lèvres je me levais, ramassais le sac à viande, et m’apprêtais à partir.
Je fis coulisser la chaîne à travers la porte en bois de la cave. cck s’appuya contre le mur de ciment brut pour un aparté qui sentait le fiel. J’écoutais son plan, longuement ruminé, de descente vengeresse et de rapine. L’ampoule grisâtre du local poubelles brilla plus intensément, le spectre de la banqueroute des idées s’approcha. Je hochais la tête, dubitatif, et attisait mon propre projet. Un souffle bruyant m’indiqua que j’avais fait mouche. Un long silence, accumulateur d’énergie, précéda le scellement d’un nouveau pacte.
…
a tiré la queue du chat,
a jeté de la nourriture à terre,
a tripoté les boutons à sa portée,
a vomi sa purée,
a sali ses vêtements,
a ignoré les ordres,
a rencontré des personnes suspectes,
a gazouillé des propos incohérents,
a dormi plus que nécessaire,
a souri sans raison.
Le pneu avait explosé à hauteur de son visage. L’atmosphère viciée qui s’en dégagea lui donna envie de vomir. Il s’appuya un long moment, chancelant, au capot.
Le cri perçant le surprit, incongru, inconnu, non humain. Il s’approcha de l’ancienne porcherie, quelques boxes perdus au creux du vallon, et empoigna une fourche. Un bruit de paille remuée accompagnait la faucheuse. Enfin, le mystère lui apparût, un cochon dévorait une poule. Il ne resta bientôt plus que quelques plumes ensanglantées.
Il s’en retourna ouvrir le coffre.
Les tentacules lumineuses fouillent les ténèbres, Mc’r y tient la vedette. Le bord des paupières rougi, les yeux gonflés et douloureux, je fixe la couture blanche d’un tricot malsain et dévore une à une les braises amarantes. Dans la forêt sombre, un cerf majestueux me toise et, brusquement, tente d’encorner le bolide. Les écritures virevoltent dans la bourrasque de vitesse, les morceaux de temps s’accouplent en rafale, mais je maintiens toutefois le cap en évitant la brûlure.
Mc’r 42, c’est encore trop loin pour mourir.
Au rond-point sud de l’échangeur j’ai revu, sombre et sinueux, cck. Flanqué de Ben, au teint rose maladif et contour flou. Je m’arrêtais sur le bitume noirci par les flammes, le tapis d’éclats de verre crissait sous mes semelles.
La journée était mauvaise, les coffres baillaient, désespérément vides. Tels des naufrageurs d’un nouveau genre, cck et son compère observaient le flux de la circulation. Après une brève conversation, je m’estompais.
L’utilisation d’un correcteur orthographique est devenu d’usage courant, toutefois ce dernier reste d’usage limité pour la conjugaison. Vous avez plusieurs solutions : vous (re)plonger dans le BLED, adopter le Verbiste ou sensmotdire.
Le chien déterre un à un les os cachés par son prédécesseur dans le jardin. Il me les apporte aussitôt, la truffe salie mais l’oeil humide de défi, narquois oserais-je dire. Je ne manque bien évidemment aucune occasion de le récompenser. En fin limier il m’épie, attendant que je me trahisse en lorgnant du côté de la pelle.
Je jetais les outils et me hâtais de rentrer chez moi. La haine est mauvaise conseillère dis-t-on. Soit, laissons-là se développer, se concentrer, s’aiguiser. Le ventre noué, les dents serrées, je m’attelais à la première tâche : pétrir les soldats de glaise.
Des larmes de rage obscurcissent ma vision, les larmes sont le ciment du monde. Un à un arrivent mes amis d’argile, au modelé informe, caricatures du choix funeste des non-hommes. De l’étape suivante je ne dirais rien. Enfin, je contemple mon oeuvre, pris de tremblements incoercibles. De la haine à la joie !
L’aube se lève et dévoile la supercherie, le souffle froid du golem me caresse les paumes. Aura-t-il la force ?
Lors de l’examen d’une image de fond d’écran, à la recherche de l’incrustation éventuelle de code malicieux, l’évidence m’étreignis. Subrepticement, insidieusement, sans coup férir, l’invasion du Web était en cours.
N’arrivant pas à y croire, je cherchais fébrilement tous les indices concordants et menait une véritable enquête. Après quelques heures de recherche haletante je n’eût plus aucun doute, le mal était déjà profondément ancré.
Comment cela avait-il pu se produire sans qu’aucun signal d’alarme ne fût donné ? Incrédule, je contemplais mon image, l’invasion était pourtant signée, crevait les yeux !
Le quartier, pourtant avenant, s’était lentement dépeuplé, ses habitants tour à tour frappés de malédiction ou d’infamie.
Au village, le temps des cerises était venu, et avec lui son cortège d’horreurs. Après une ventrée de fruits, les langues irritées se délièrent et le fameux magot de la vieille, caché dans son coussin de noyaux, revint sur le zinc du comptoir.
Des insectes exposant leurs viscères, une pluie de déjections volatiles, des crottes à perte de vue. La conclusion s’imposait, je conduisais une balayette dans un égout à ciel ouvert. Un ciel au beau milieu duquel trônait un étron radieux.
La vie s’écoulait, paisible. Guelfes et gibelins allaient bientôt s’affronter sans pitié. Courtisé de toutes parts, j’hésitais sur la conduite à tenir. Attiser les haines, jouer le pourrissement, ignorer les belligérants, prendre parti, descendre dans l’arène ? Le temps pressait et ton absence se faisait cruellement sentir. Je choisis mon camp, le mien, et m’invitais au vestibule des lâches.
La pierre, unique dent saillante dans une bouche de terre, semblait me guetter. Je la pris comme repère et amorçait une marche arrière. Je calais, puis reculais de nouveau légèrement, pestant contre ce champ mou. Je croyais avoir enclenché la marche avant mais je reculais encore. La pierre, de lointaine, était devenue terriblement proche. Devant moi, une ornière de boue me suggère de reculer encore un peu. J’exécute la manoeuvre en me retournant pour fixer la pierre, qui semble s’être encore rapprochée. J’avance enfin mais le rayon de braquage est trop court et m’interdit de repartir sans escalader l’autre bord du chemin. Énervé, je décide de m’éloigner d’un grand arc arrière en évitant la pierre que je ne vois plus, trop proche sans doute. J’enclenche donc lentement la marche arrière, percevant la pierre sur ma gauche, et accélère à fond pour me dégager largement de ce piège. Le choc me surprend totalement, la pierre est heurtée de plein fouet au beau milieu du pare-chocs arrière. Ulcéré, je descends de voiture, de la pierre fissurée s’échappe un filet d’écume blanche. Au loin, j’aperçois le ruban herbeux du chemin.
Mon réfrigérateur est hanté, la diode externe affiche toujours le chiffre 7. Plus étrange encore, son contenu est invariable, figé pour l’éternité ! J’ai beau consommer ou ajouter des aliments, rien n’y fait, j’y trouve les mêmes denrées inconnues ou que je sais avoir déjà consommées. A chaque ouverture une odeur me prend à la gorge, tantôt écoeurante, tantôt sublime. Aujourd’hui, j’ai décidé de percer son secret, j’ai débranché la prise secteur.
Après une longue attente dans la pénombre, le 7 s’éteint avec un clignotement convulsif, un épais silence prends corps et une sueur glacée recouvre mon épiderme. La porte semble se gondoler suite à une poussée intérieure et un vacarme assourdissant, prémisse de dangers, s’amplifie. Ma main se crispe en vain sur la poignée, impossible d’ouvrir la porte. La date fatidique apparaît alors sur l’afficheur.
Dans la cour gisait la carcasse oubliée d’une traction. La légende voulait que celle-ci ait appartenu à un caïd de la pègre. J’y passais de longues heures, allongé sur la banquette arrière, une multitude d’images en tête.
Les bruits enflaient jusqu’à devenir secrets chuchotés, plans murmurés, coups orchestrés. D. se mettait parfois au volant, mimant avec force vrombissements et coups de feu. La seule victime de son jeu fût un malheureux rongeur, décapité par l’effondrement du siège conducteur.
Quant à moi, la figure moustachue figée à jamais dans le rétroviseur m’intriguait au plus haut point.
Une vie durant, cloîtré et néanmoins cajolé, il avait montré une fidélité indéfectible. Courses, jeux, morsures, le flot des souvenirs s’épanche à volonté. Une dernière lapée dans la flaque empoisonnée avait eu raison de sa vitalité. Inerte, le corps froid était maintenant l’objet de toutes les convoitises.
Trahison ! Son remplaçant, couleur de nuit, arbore un sourire digne d’un félin du Cheshire. Le miroir est brisé, la sphère de communication détruite.
Quelque soit son déguisement; le fantôme du temps nous a domptés, asservis, réduits en esclavage. L’offrande d’une de ses tranches est la nouvelle prière, idôlatrie païenne moderne. De cadence en galère de chronomètre olympique, la quête de sa maîtrise a approfondi la sujétion. Je me prélasse d’avenir en demain sur un ruban de Möbius décadent. A point d’heure ce sera le bon temps, mais permettez moi de prendre congé, j’ai une horloge à manger.
De la chambre cubique, j’ouvris les trois fenêtres et m’allongeais sur le lit. De curieuses frises ornaient le plafond céleste et le sommeil ne tarda point. Une sensation de présence associée à un parfum de fraîcheur affleura ma conscience, une ombre obscurcit mon rêve mais, sans signe de danger imminent, je replongeais dans le néant.
Étrange, foisonnante, ésotérique, tels sont les adjectifs dont je qualifierais l’oeuvre de Hieronymus Van Haken dit Jérôme Bosch. Non, vous n’aurez pas droit à une exégèse en règle, scalpel au vent.
Nous devisions D. et moi sur la valeur de l’expérience. Le mode n’était pas binaire, mais procédait plutôt d’un enrichissement mutuel au fil du verbe.
La descente de pirogue fut chaotique. Sur le ponton des poissons sont étendus, morts. Quelqu’un les rejette dans le fleuve du bout du pied. Des pêcheurs en colère accourent, s’ensuivent palabres et tractations. Nous repartons à pied dans la forêt en longeant le fleuve. Le nombre de moustiques au mètre cube est phénoménal, le visage tuméfié de D. en est la vitrine.
La lumière s’est éteinte. Je ralentis mais continue de descendre l’escalier. Arrivé au rez-de-chaussée je me dirige vers la porte d’entrée et bascule soudainement vers l’avant. Encore un étage, j’ai dû me tromper.
Après une nouvelle volée de marches, l’évènement se reproduit. Je m’immobilise et mon cerveau entre en ébullition. Les murs résistent à la pression, le sol est anormalement froid. J’avance précautionneusement un pied et bute sur une paroi verticale. C’est une marche, mais montante cette fois.
J’entrevois une errance sans fin, foin de banique hurle mon esprit. Je déploie mes ailes et quitte le terrain de jeu. Au-dessus de moi, les étoiles brillent.
Les branches ployaient sous les fruits mûrissants. A califourchon sur une branche, patte de loup enrobait, à main nues, chaque fruit d’une gangue de fil de fer barbelé afin d’éviter la goinfrerie volatile. Ce qui n’empêche pas les vers d’en profiter pensait malicieusement langue de velours.
La révolte gronde, une re-fondation totale, tant spirituelle que matérielle, est voulue et désirée.
La révolte gronde, être Calife à la place du Calife, voilà le credo de la révolution !
La révolte gronde, accès libre pour tous à l’emploi, à la consommation et à la civilité, voilà les nouvelles revendications !
L’éveil m’est tombé sur la tête sans crier gare. Dehors, les poubelles dansent la gigue. Après moult étirements et quelques ablutions, je m’offre en pâture à l’ait frais du dehors.
Le soleil commence son ascension et joue entre les arbres. Ma peau boit la clarté matinale. L’eau caresse mon gosier et l’herbe mes pieds. Un arbre vomit une nuée d’oiseaux criards. Au loin, point de fumée, l’usine s’est tue et seule une bande verte atteste de sa présence.
Derrière moi la maison s’estompe, comme gommée. Ma chair s’évapore en bulles multicolores et iridescentes.
En l’an de graisse 2103, le débat fait rage.
Toi qui entre entre ici, abandonne tout espoir.
Aucune lumière, aucun appui ne seront fournis.
Au plus profond de la nuit, il convient de te connaître.
Toi qui entre ici, abandonne tout fors l’amour.