mon dernier blog

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

vendredi 4 juillet 2008

cochon et demi

Le pneu avait explosé à hauteur de son visage. L'atmosphère viciée qui s'en dégagea lui donna envie de vomir. Il s'appuya un long moment, chancelant, au capot.
Le cri perçant le surprit, incongru, inconnu, non humain. Il s'approcha de l'ancienne porcherie, quelques boxes perdus au creux du vallon, et empoigna une fourche. Un bruit de paille remuée accompagnait la faucheuse. Enfin, le mystère lui apparût, un cochon dévorait une poule.
Il ne resta bientôt plus que quelques plumes ensanglantées. Rassuré, approbateur, un sourire en coin, il s'en retourna ouvrir le coffre.

dimanche 15 juin 2008

Mc'r 42

Les tentacules lumineuses fouillent les ténèbres, Mc'r y tient la vedette. Le bord des paupières rougi, les yeux gonflés et douloureux, je fixe la couture blanche d'un tricot malsain et dévore une à une les braises amarantes. Dans la forêt sombre, un cerf majestueux me toise et, brusquement, tente d'encorner le bolide. Les écritures virevoltent dans la bourrasque de vitesse, les morceaux de temps s'accouplent en rafale, mais je maintiens toutefois le cap en évitant la brûlure.
Mc'r 42, c'est encore trop loin pour mourir.

mardi 3 avril 2007

l'odeur

Une odeur désagréable se répand depuis plusieurs mois. Où que j'aille je la perçois, frémissante ou agressive, mais toujours présente. Une nouvelle mesure prophylactique anti-terroriste ? Après le chlore dans l'eau, le truc-qui-pue dans l'air ?

Je me suis longuement dévisagé dans le miroir, mais non, aucun lambeau de chair putréfiée, aucune coloration suspecte, point de zombification en cours. Alors quoi ? Le pourrissement des temps ? L'aube d'un nouvel âge ?

Le 1er avril est passé, ma musette est pleine.

dimanche 25 février 2007

au commencement était le verbe

L'utilisation d'un correcteur orthographique est devenu d'usage courant, toutefois ce dernier reste d'usage limité pour la conjugaison. Vous avez plusieurs solutions : vous (re)plonger dans le BLED, adopter le Verbiste ou sensmotdire.

Avec le BLED, orthographe, grammaire et conjugaison n'auront plus aucun secret pour vous.

Verbiste est un système de conjugaison française, écrit en C++, utilisable en ligne de commande, ou à partir d'un autre programme, et d'une applet GNOME.
Verbiste

sensmotdire conjugue les verbes en ligne, il utilise (entre autres) la base de connaissance de Verbiste.
sensmotdire

Alors, imparfait du subjonctif du verbe moudre ?

lundi 24 juillet 2006

hit #1

Les instruments tournoient dans l'air suffocant et leurs vrombissements transpercent mon âme. Prière aux forces célestes ou transe d'oubli, peu m'importe, je m'abandonne à la béatitude du rythme. Mon ancienne peau se détache en silence et un vent frais se lève. Je m'éveille alors que le dernier rhombe se tait.

samedi 13 mai 2006

le dixième cercle

A l'aube du dixième cercle, tous sont là, un coin du voile va se lever.
Je ne m'attends à rien, mais la faim demeure et tout est possible. Chacun disparaît tour à tour, décochant un trait de néant et d'oubli dans la toile de mon existence. La lumière étend son emprise et, soudain, je me retrouve nu. Tout reste à faire.

jeudi 11 mai 2006

sous la glace, le volcan

Une vielle caisse sans fond occupait le centre de la pièce principale. A l'intérieur, des débris innommables, vestiges de repas et d'excréments, recouvraient le sol de ciment. L'air humide et pestilentiel était chargé de peur et d'angoisse, je me hâtais d'ouvrir les fenêtres. Bientôt l'endroit serait reloué, les derniers remugles disparaîtraient avec l'incinération de la caisse.

samedi 1 avril 2006

rêve d'anthropophage

Une vie durant, cloîtré et néanmoins cajolé, il avait montré une fidélité indéfectible. Courses, jeux, morsures, le flot des souvenirs s'épanche à volonté. Une dernière lapée dans la flaque empoisonnée avait eu raison de sa vitalité. Inerte, le corps froid était maintenant l'objet de toutes les convoitises.
Trahison ! Son remplaçant, couleur de nuit, arbore un sourire digne d'un félin du Cheshire. Le miroir est brisé, la sphère de communication détruite.

mardi 28 février 2006

chien pâle

Les lèvres de l'horizon ont happé l'astre du jour, la prairie est habillée de feu et les nuages, immobiles, sourient au serpent de bitume. Les statues, conscientes de leur devenir, sont recroquevillées et abattues, une détresse sans nom dans les yeux. Ce soir, j'en dégusterais la chair. Le soleil me sourit et un camion de chiens s'éloigne.

vendredi 10 février 2006

Marcel Béalu

A peine ai-je décidé de relire Marcel Béalu qu'un recueil de contes (inédit ?) est publié - Les Messagers clandestins.

Poète et peintre, Marcel Béalu compose un monde connu et pourtant insolite. L'espace et le temps implosent sous les coups feutrés de pattes d'araignée, la conscience dérive, la situation la plus banale se transforme en piège. Rêves, peurs, amours et mort se conjuguent pour former une prose au parfum insolite, entêtant, qui m'a marqué de façon indélébile.

A moi le messager clandestin !

samedi 10 décembre 2005

pollution gastronomique

La descente de pirogue fut chaotique. Sur le ponton des poissons sont étendus, morts. Quelqu'un les rejette dans le fleuve du bout du pied. Des pêcheurs en colère accourent, s'ensuivent palabres et tractations. Nous repartons à pied dans la forêt en longeant le fleuve. Le nombre de moustiques au mètre cube est phénoménal, le visage tuméfié de D. en est la vitrine.

La curiosité gagne le village à notre arrivée. Nous partageons nos repas, ce que je comprends être du singe est succulent, nous leur offrons des frites ! Nous nous endormons, veillés par toute la tribu qui s'est rassemblée pour l'occasion.
Les frites ont plu, beaucoup plu même, à tel point que nous ne pouvons repartir. A chaque tentative nous sommes gentiment mais fermement repoussés vers les lieux de cuisine et invités à produire de nouvelles frites. Les regards sont fermes, les gestes impérieux, les machettes et autres coupe-coupe dissuasifs.
Enfin, la patate se faisant rare, nous avons pu quitter (fuir ?) le village, la tribu semblait satisfaite.

De retour sur la côte, un magnifique et inoubliable spectacle s'offre à nous. Des milliers de flamants roses s'envolent et atterrissent par groupes sur la plage. Mais le temps nous est compté, le réchaud est enterré dans le sable. Nous rentrons vers la civilisation à vide mais fiers d'avoir fait connaître la frite !

vendredi 9 décembre 2005

le sculpteur

Une vie brève et intense, sans cesse renouvelée, voilà ma destinée. Avant l'aube, étape primordiale, je prépare mes outils. Minéral, végétal ou animal, je dois tout appréhender subtilement. Puis la magie survient et l'action s'incarne en moi.
Transi d'humidité, j'ai à peine le temps d'observer mon oeuvre, resplendissante sous les premiers rayons de soleil. Sculpteur de rosée, tel est mon métier.