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samedi 28 janvier 2006

les yeux noirs

La bise glaciale transperce mes vêtements, mais je n'ai pas froid. Les rues sont quasi désertes en cette cette fin de matinée. Je croise le regard d'une jeune fille, ses orbites s'ouvrent sur un noir insondable, nul éclat, nul reflet ne s'en échappe. Je me sens aspiré et rompt brutalement le contact.
Alarmé, je presse le pas et me dirige vers un groupe, quatre paires de trous noirs s'orientent dans ma direction. Je m'approche d'une vitrine et observe des yeux bruns mâtinés de vert et jaune. Ouf !
De retour chez moi, ce souvenir me hante, qu'est-t-il arrivé à ces gens ? Ou est-ce moi ? Je scrute en silence mon visage. Nez, bouche, oreilles, tout y est. Aucune disgrâce, aucune infamie, rien qui ai pu conduire ces personnes à m'ignorer.
Soit, demain la vérité éclatera, demain je leur demanderais la couleur de mes yeux.

dimanche 22 janvier 2006

la mémoire de l'ombre

Tapie, guettant sa proie, sûre de son fait, la mémoire de l'ombre m'attendait à la cave. A maintes reprises je l'avais à la fois nourrie et savourée, me délectant alors de sa substance et me vautrant dans l'immoralité.

La lutte fut rude entre les éclats de mémoire. Enfin, au bord de la nausée, je plaque la paume de mes mains sur le mur rugueux et observe la transformation. Sur la couverture noire craquelée apparaît un visage bleuté semblant constitué de cire dont la liquéfaction s'est arrêtée, pétrifiant ses traits dans une infinie douleur. Un appel au secours ? Une demande de grâce ?

Je n'y tiens plus, j'emporte comme un voleur le fruit de mémoire et vais l'exposer en pleine lumière.

samedi 14 janvier 2006

2006

En cette douce nuit du nouvel an, après les agapes rituelles, l'excitation m'avait maintenu éveillé dans mon lit. Mû par une soudaine inspiration je me levais et allait observer la nuit. Je ralentis les pulsations de mon coeur et savourais l'air froid.
A mon retour, la place est occupée, par moi-même. Je rêve, il rêve, nous rêvons ? Quelle est cette nouvelle farce ?

Je m'observe en silence, je parais endormi et serein, ma respiration est profonde et régulière. Ma conscience m'échappe, elle se dissout lentement tel un morceau de sucre dans une tasse de café. Je m'agrippe brusquement à mon second moi, il geint mais ne se réveille pas. Soit, adieu l'ami, je m'en vais créer ma propre réalité.

La route est vierge de traces, le tracé serpente entre les murs abrupts de la gorge. Les arbres cristallisés, les cascades pétrifiées sont magnifiques. Un étrange oiseau s'envole à main gauche, sur son plumage je crois voir apparaître un nom connu.

dimanche 8 janvier 2006

art libre

Enfin terminé !
L'objet est singulier, de multiples appendices terminent un enchevêtrement de rubans de möbius en folie, le toucher est dur et sec, la surface brun foncé se laisse rayer à l'ongle. Il tient debout en différentes positions, prenant à chaque fois des postures humanoïdes. La lumière joue entre les langues de matière, j'en brise -difficilement- une et la mâchouille en déposant la sculpture sur le réfrigérateur. La matière première va bientôt faire défaut !
Dur métier que celui de sculpteur sur viande.