jeudi 2 octobre 2008
Par wanis,
jeudi 2 octobre 2008 à 23:26 :: Février
Il avançait vers l'horizon barré d'arbres mimétiques, le penser débranché, les sensations exacerbées. Le vent frissonna l'agonie des fleurs, la surface de l'eau empoisonnée frémit. A l'orée du nouveau défi, il s'arrêta, bloqué par une pensée parasite. La volonté semblait l'abandonner, nulle aide compréhensible ne survînt. Enfin, il bascula au sommet de la dune.
Au bord de l'océan la tortue s'agite sur le dos. Sa carapace d'ors délicatement ciselée est menacée d'engloutissement par la marée de ciment. Il ouvre la boîte de crayons de couleur et en barbouille le ciel ébahi par tant d'audace. La tortue s'élève et marche parmi les étoiles, le reflux de la nuit commence.
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dimanche 17 août 2008
Par wanis,
dimanche 17 août 2008 à 20:17 :: Février
Bruit insupportable, fumée irritante, invités envahissants, la fête arriva soudain au point de nausée. Le coeur au bout des lèvres je me levais, ramassais le sac à viande, et m'apprêtais à partir. Je fis coulisser la chaîne à travers la porte en bois de la cave.
cck s'appuya contre le mur de ciment brut pour un aparté qui sentait le fiel. J'écoutais son plan, longuement ruminé, de descente vengeresse et de rapine. L'ampoule grisâtre du local poubelles brilla plus intensément, le spectre de la banqueroute des idées s'approcha. Je hochais la tête, dubitatif, et attisait mon propre projet. Un souffle bruyant m'indiqua que j'avais fait mouche. Un long silence, accumulateur d'énergie, précéda le scellement d'un nouveau pacte.
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mardi 12 août 2008
Par wanis,
mardi 12 août 2008 à 21:50 :: Février
Caresser la peau craquelée du monde, en faire saillir les opportunités, palper le sous-jacent, ressentir le souffle de la vie. Les mains encagoulées oeuvrent sans âme ni conscience depuis la renonciation, depuis l'aliénation. Les promesses chimériques enivrent et ravagent le corps sublime.
Après une dernière étreinte, les mains encagoulées abandonnent la pelure qui, d'assuétude, en perd la vie.
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mercredi 26 décembre 2007
Par wanis,
mercredi 26 décembre 2007 à 20:40 :: Février
L'endroit était vide, bruissant de mille silences aux parfums d'orangers.
A mes côtés, nul combat, juste une présence.
Il était venu les bras chargés d'offrandes, avec pour seuls amis le doute et l'envie,
L'émerveillement du monde absent de son regard.
Sa route n'est point mienne,
Le spectre s'éloigne en quête de désespérance.
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jeudi 29 mars 2007
Par wanis,
jeudi 29 mars 2007 à 22:29 :: Février
Au rond-point sud de l'échangeur j'ai revu, sombre et sinueux, cck. Flanqué de Ben, au teint rose maladif et contour flou. Je m'arrêtais sur le bitume noirci par les flammes, le tapis d'éclats de verre crissait sous mes semelles.
La journée était mauvaise, les coffres baillaient, désespérément vides. Tels des naufrageurs d'un nouveau genre, cck et son compère observaient le flux de la circulation. Après une brève conversation, je m'estompais.
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jeudi 22 février 2007
Par wanis,
jeudi 22 février 2007 à 21:29 :: Février
Le chien déterre un à un les os cachés par son prédécesseur dans le jardin. Il me les apporte aussitôt, la truffe salie mais l'oeil humide de défi, narquois oserais-je dire. Je ne manque bien évidemment aucune occasion de le récompenser. En fin limier il m'épie, attendant que je me trahisse en lorgnant du côté de la pelle.
Dans l'attente de la morsure, je construis mon ennemi.
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vendredi 1 décembre 2006
Par wanis,
vendredi 1 décembre 2006 à 23:05 :: Février
Je jetais les outils et me hâtais de rentrer chez moi. La haine est mauvaise conseillère dis-t-on. Soit, laissons-là se développer, se concentrer, s'aiguiser. Le ventre noué, les dents serrées, je m'attelais à la première tâche : pétrir les soldats de glaise.
Des larmes de rage obscurcissent ma vision, les larmes sont le ciment du monde. Un à un arrivent mes amis d'argile, au modelé informe, caricatures du choix funeste des non-hommes. De l'étape suivante je ne dirais rien. Enfin, je contemple mon oeuvre, pris de tremblements incoercibles. De la haine à la joie !
L'aube se lève et dévoile la supercherie, le souffle froid du golem me caresse les paumes. Aura-t-il la force ?
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samedi 21 octobre 2006
Par wanis,
samedi 21 octobre 2006 à 22:19 :: Février
Chaque soir je tentais de retarder l'inévitable rituel, les yeux écarquillés sous une lumière crue. Le sommeil viendrait me prendre et je basculerais dans l'autre monde et ses écoeurantes activités. La peur m'avait dicté un stratagème.
Je m'éveillais haletant, emmailloté de la tête aux pieds dans un drap, comme momifié. Pris de panique, je peinais à me libérer du linceul. La texture du rêve avait gagné en intensité, l'objet du désir était à portée. Je ne devais pas flancher, la nuit prochaine serait sans doute l'ultime.
Toujours ces traces noires, flammes de suie qui traversent l'espace. Le chatoiement fuligineux m'inonde soudain. Le noir est total, absolu.
Le désir a tué le plaisir.
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lundi 2 octobre 2006
Par wanis,
lundi 2 octobre 2006 à 00:37 :: Février
Tentaculaire, la ville s'était étirée anarchiquement le long de ses voies de communication. Point commun à tous ces axes d'expansion : la boucherie / charcuterie. Pas un bout de ruelle qui n'avait son étal ! La ville ne semblait pas s'offusquer des chapelets de viande, carcasses et flots d'entrailles qui encombraient ses trottoirs coagulés.
Une étrange amnésie frappait tous les habitants, faisant craindre une proche catastrophe. Le bétail allait bientôt manquer, l'heure des vaches maigres sonner. Et après ? Des solutions monstrueuses étaient évoquées sous le manteau, de celles que personne n'ose cautionner, souvent évoquées à l'humour truelle, mais qui, un jour, deviendront respectables.
En cet instant, je mange une salade, c'est (encore) toléré sinon autorisé.
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dimanche 1 octobre 2006
Par wanis,
dimanche 1 octobre 2006 à 17:47 :: Février
Adossé aux moellons de l'aqueduc, j'entendais résonner le bruit des sabots sur le pavé disjoint. Le caniveau, encore luisant après une pluie torrentielle, avait ravalé ses immondices.
Le centaure s'avança enfin, majestueux. Son pelage raviné d'ocres sales empestait le mauvais alcool. L'oeil fixe et vitreux me jaugea, évaluant mes défenses. Brutalement, avec une rapidité insoupçonnée, la montagne de muscles chargea. Le filet d'acier stoppa net cet élan formidable et resserra inexorablement ses mailles, entaillant la peau et la chair. Le centaure éructa des filets de bave rosâtre, ses yeux me transpercèrent de leur haine implacable.
Ce soir je séparerais l'humain de l'animal, le subtil de l'épais. Sur les arches, la psalmodie avait commencé.
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mardi 19 septembre 2006
Par wanis,
mardi 19 septembre 2006 à 20:54 :: Février
Le quartier, pourtant avenant, s'était lentement dépeuplé, ses habitants tour à tour frappés de malédiction ou d'infamie.
En cette radieuse journée, le premier rayon de soleil m'a tiré de ma somnolente béatitude. J'engloutis un copieux petit déjeuner, l'esprit léger. En franchissant le seuil, je rencontre le voisin et sa famille. Nous devisons gaiement sur ce printemps précoce, l'avenir de ses enfants, la réfection de sa toiture.
Cette rencontre m'a excité, je hâte le pas et traverse le parc bruissant d'insectes. Je monte les quelques marches moussues et franchit la grille. Sur mon coeur le pli s'est réchauffé, il glisse avec un crissement soyeux dans la gueule du lion.
Je me retourne et hume l'air vif, de pollens chargé. Cette journée en annonce de plus belles.
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samedi 19 août 2006
Par wanis,
samedi 19 août 2006 à 20:35 :: Février
Le chat pourchasse l'araignée sur le carrelage, sa patte s'abat régulièrement sur l'arachnide d'un toucher souple et retenu. Le duo disparaît dans une zone d'ombre mais je devine du regard leurs pérégrinations. J'étends mes doigts, restés crispés, le temps m'est compté. J'enjambe le corps encore chaud et le traîne dans la cave dont je referme soigneusement la porte. Enfin, je m'éloigne silencieusement.
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